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De la quadruple racine du principe de raison suffisante

Mots, idées, concepts, personnalités repérés : espace-temps, bouddhisme-brahmanisme,

Texte en ligne wikisource.org/wiki/De_la_quadruple_racine_du_principe_de_la_raison_suffisante
Édition Vrin 1991 Présentation de François-Xavier Chenet et Avant-propos de Michel Piclin
François-Xavier Chenet deux articles cités par Wikipédia pour les articles Le temps et Kant :
Michel Piclin deux articles trouvés sur le net :
Quelques extraits, un résumé des quatre principes par ces extraits La quadruple racine du principe de raison suffisante Sur le principe lui-même

Avant-propos
Pages 35-36 L'espace et le temps pour Kant sont des formes pures sans représentation vides de toutes sensations empiriques comme le blanc, le sucré ... Ils sont d'ordre sensible et non intellectuel.
36 « … des différences de terminologie empêchent ici une parfaite harmonie entre Kant et Schopenhauer. … lorsque Kant parle d’intuition empirique et même de perception … c’est pour désigner seulement les sensations elles-mêmes … afin de les distinguer de l’intuition pure ... de même ce que Kant appelle les « objets » de cette intuition empirique ce sont en général les sensations elles-mêmes, et non pas les objets physiques.
[pour les] objets physiques [il parle] d’expérience, de chose, d’objet ... et même d’objet transcendantal (qui ne signifie pas : objet transcendant …), et c’est dans cette position de l’objet … que l’entendement intervient. »
Schopenhauer ne situe pas chez Kant l’entendement au même niveau.
36-37 les délires du capitalisme « On comprend du même coup comment la sphère de l'affectivité (plaisirs, douleurs, pulsions) sur laquelle Kant est presque muet, forme un domaine complètement antérieur cette fois, à tout réseau causal : c'est là qu'on entrevoit par une perception intime … . le vouloir-vivre et les ordres qu'il nous dicte, ce vouloir-vivre qui est par essence toujours frénétique et toujours insatisfait, ce qui ne s'applique pas seulement à tous les fantasmes de l'érotisme (qu'on songe à Freud), mais à tous les délires du capitalisme industriel (qu'on pense à Marx). »
37 Essai d’expliquer le souhait pour Schopenhauer de se débarrasser de la causalité pour retrouver une responsabilité, indépendante de celle-ci, dans ses propres décisions volitions et motifs.
38 - 39 - restauration de la métaphysique traditionnelle - l'ego ne définit pas mon être, mais la seule représentation que j'en ai - le sujet connaissant ne peut jamais être connu ... Le sujet n'est que le « corrélatif nécessaire des représentations » -
« Ce problème du Je, tel est le dernier point que nous voulons aborder ...
On peut ici rendre hommage à Schopenhauer d'avoir parfaitement compris le sens du primat que Kant accorde à l' aperception transcendantale ou « Je pense ». Au lieu que tant de commentateurs d'expression française ... ont tenu coûte que coûte à faire dire à Kant que le « Je pensant se pense lui-même », ouvrant la voie à une restauration de la métaphysique traditionnelle, Schopenhauer a parfaitement aperçu que le « Je pense » n'était qu'un texte, dont on ne peut tirer aucune affirmation d'existence ; il a vu que la conscience est distance, plus que présence, ou que, comme l'écrit excellemment J.-L. Delamarre, « l'ego ne définit pas mon être, mais la seule représentation que j'en ai» (...). De l'idée d'un Je « pensé comme pensant », on ne peut tirer aucune existence ; sinon, comme le remarque Alexis Philonenko, la métaphysique pourrait disposer de jugements synthétiques a priori, ce qui n'est pas (...). Kant n'a pas craint d'écrire, en termes déjà bergsoniens : « dans ce que nous nommons l'âme, tout est dans un flux continuel, et il n'y a rien qui demeure, si ce n'est peut-être (si on le veut absolument) le Je, qui n'est si simple que parce que cette représentation n'a pas de contenu » (CRP, p. 1453). Or, sur tous ces points cruciaux, Schopenhauer a parfaitement aperçu tout ce que les analyses kantiennes recèlent d'anticonformisme. Dès 1813, insiste sur le fait que le sujet connaissant ne peut jamais être connu (A, p. 110), que nous ne connaissons immédiatement que le sens interne (ibid). Le sujet n'est que le « corrélatif nécessaire des représentations » (A, p. 111). Dire que le sujet est doué de telles facultés de connaissance, cela revient exactement à dire que les objets doivent être rangés dans telles classes (lbid) Seule la matière, et non pas l'esprit, est permanente (ce qui ne signifie pas : extratemporelle) ; le fait que le sujet et l'objet ne peuvent pas être posés l'un sans l'autre (et qu'ils disparaissent ensemble dans le sommeil profond, A, pp. 72-73) entraîne que le réalisme et l'idéalisme peuvent être renvoyés dos à dos(A, p. 114) »
39 « Dans Le Monde, [Schopenhauer] compare l'unité de la conscience à celle d'un « miroir convexe, dont les rayons se concentrent en un point imaginaire, situé derrière sa surface » (p. 827) ; « dès que nous nous avisons de pénétrer en nous-même et que, dirigeant l'œil de notre esprit vers le dedans, nous ne réussissons qu'à aller nous perdre dans un gouffre sans fond, nous nous faisons à nous-mêmes l'effet de cette boule de verre creuse, du vide de laquelle sort une voix qui a son principe ailleurs ; et au moment de nous saisir, nous ne touchons, ô horreur, qu'un fantôme sans substance » (M., note [chapitre 54]). Il n'est pas exagéré de dire que ce passage qui va de Descartes à Kant correspond assez exactement à celui qui, plus de vingt siècles auparavant, conduisit du brahmanisme à la doctrine du Bouddha. »
39-40 « Ne cherchons pas ici à décider si les penseurs hindous contemporains sont toujours les mieux placés pour saisir le véritable sens de leur propre tradition philosophique, compte tenu de l'extrême diversité de cette dernière, et sans oublier d'ailleurs que le bouddhisme a été expulsé de l'Inde à partir de l’an 800 de notre ère. »
40 « La structure de la pensée schopenhauerienne peut se résumer de la façon suivante : 1) il y a un absolu, 2) cet absolu, c'est la Volonté, 3) la Volonté doit s'abolir. Or, ces trois propositions forment un ensemble que ne pourrait accepter aucun système hindou. En effet, le bouddhisme dit bien que la volonté doit s'abolir, mais il ne fait aucunement de cette volonté un absolu, puisque le vouloir-vivre n'a d'autre rôle que de maintenir serré le tissu phénoménal, auquel il appartient. Inversement, le
brahmanisme admet bien qu'il existe un absolu (proposition 1), mais cet absolu n'est pas selon lui la Volonté, c'est au contraire l'énergie infinie du Brahman, et surtout, c'est l'Atman, comme Sujet transcendantal unique de la conscience ; pour Schopenhauer au contrait, l'Œil unique et éternel du monde (on peut songer à Wotan) apparaît uniquement dans les textes sur l'art, et n'a qu'une valeur symbolique,celle d'une étape. »

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