Sortir de l'histoire officielle

     


Henri Bergson (1859 - 1941)


Éditions Payot classiques

Henri Bergson par sa lecture m’oblige à donner un sens moins mécanique à l’intuition.
Réflexions à partir de « L’intuition philosophique conférence » en 1911 et « De la position des problèmes » un des deux essais qui forment L’introduction de « La pensée et mouvant »
Et par des sites :
https://histoiredintuition.com/2020/12/11/bergson-le-grand-penseur-de-lintuition/
Il écrit dans La Pensée et le Mouvant.
« L’intelligence n’est pas la seule forme de la pensée. Il existe d’autres facultés de connaissance, déposées également par l’évolution de la vie, qui se rapportent directement à la réalité: l’instinct et l’intuition. L’instinct est comme une intuition qui aurait tourné court et l’intuition comme un instinct qui se serait intensifié et dilaté jusqu’à devenir conscient et susceptible de s’appliquer à toutes choses. Sous sa forme achevée, l’intuition est un pouvoir propre à l’homme qui le rend capable d’une expérience pure »
« L’intuition n’est pas une faculté de représentation, mais un mouvement pour s’identifier à la réalité. Plutôt que de connaissance au sens traditionnel du terme, il faut parler à son propos de « contact », de « coïncidence » ou de « fusion ». Son opération s’effectue, en outre, selon un sens bien précis: elle ne consiste pas dans une réceptivité parfaite de l’esprit mais, à l’inverse, dans un mouvement hors de soi pour se transporter vers l’objet et y pénétrer. L’intuition est extatique ». (…) « Par la suite, l’intuition demande un effort spirituel intense puisqu’il s’agit de sortir de soi-même, d’écarter toutes les habitudes de pensée, les notions familières, les connaissances acquises. Chaque acte d’intuition est un commencement absolu, une tension singulière pour rejoindre une réalité à chaque fois unique. C’est aussi un acte simple et dont le résultat, parce qu’il est foncièrement original, est en outre ineffable. »

https://materialisme-dialectique.com/bergson-et-le-libre-arbitre-comme-intuition/
« Il va de soi que l’éloge du subjectivisme va forcément de pair avec celui du libre-arbitre. C’est un élément de base du rejet du matérialisme, et a fortiori du matérialisme dialectique. Henri Bergson considère qu’il va plus loin qu’Emmanuel Kant (et donc que René Descartes) dans sa défense de ce principe.
Henri Bergson a fort à faire. D’un côté, il doit combattre le déterminisme sans jamais pour autant aborder le matérialisme dialectique (dont les principes sont bien entendu niés, comme son existence). Et de l’autre, il doit tout de même lier la conscience à la réalité pour ne pas basculer dans une abstraction mystique, métaphysique, qui n’aurait été d’aucune utilité pratique.
Henri Bergson pave ici la voie à l’existentialisme. »
J’ose rejeter et le libre arbitre et le matérialisme historique. L’un et l’autre sont liés au destin. Le premier rejetant le déterminisme et le deuxième voyant une destinée dans l’histoire.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Introduction_%C3%A0_la_m%C3%A9taphysique_(Bergson)
« L'objectif de Bergson est de proposer une métaphysique qui dépasse l'opposition entre l'idéalisme et le réalisme »
« Henri Bergson distingue deux manières d'appréhender le réel : l'analyse et l'intuition. L'analyse relève du positivisme et de la science ; elle permet d'expliquer l'objet depuis un point de vue extérieur.
L'intuition est « la sympathie par laquelle on se transporte à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et par conséquent d'inexprimable ».
« La vraie métaphysique est un empiriste vrai, à savoir « celui qui se propose de serrer d'aussi près que possible l'original lui-même, d'en approfondir la vie, et, par une espèce d'auscultation spirituelle, d'en sentir palpiter l'âme ». La métaphysique adopte « l'idée génératrice » de la mathématique bergsonienne, mais ne peut s'acheminer par la mathématique universelle, qui n'est qu'une « chimère de la philosophie moderne » : plus elle fera chemin, plus « elle rencontrera des objets intraduisibles en symboles ». La science et la métaphysique peuvent ainsi s'unir, et la métaphysique devenir science positive, en se basant sur l'intuition qui s'installe dans le mouvant. »
« Une réalité est saisie « du dedans, par intuition », et non par l'analyse : « c'est notre propre personne dans son écoulement à travers le temps », à savoir « notre moi qui dure ». On peut promener sur soi-même le « regard intérieur de [notre] conscience » ; cela permet d'apercevoir, déjà, à la surface, « toutes les perceptions qui lui arrivent du monde matériel ». On peut ensuite apercevoir des « souvenirs plus ou moins adhérents à ces perceptions et qui servent à les interpréter ». Enfin, on perçoit « des tendances, des habitudes motrices, une foule d'actions virtuelles plus ou moins solidement liées à ces perceptions et à ces souvenirs ».
En descendant au fond de soi, on trouve « une continuité d'écoulement » : une succession d'états, « dont chacun annonce ce qui suit et contient ce qui précède ». Ce mouvement paraît insécable lorsqu'on le vit : « tous se prolongent les uns dans les autres ». »

Doit-on toujours rechercher la dominance de l’idéalisme ou du matérialisme ?
Dans les deux cas l’être disparaît et l’humain ne devient qu’un objet. On l’a bien perçu avec les dérives des dits communismes. Mais c’est le cas aussi pour certains qui mettent la spiritualité en primeur. On s’enferme dans sa bulle par la méditation et la quête spirituelle à en oublier l’autre dans sa complexion. Exemple la fantasmagorie des nazis pour justifier la prépondérance de leur race et Mircea Eliade, le jeune nazi passant par le bouddhisme, reconnu comme l’historien des religions dont le passé a été occulté par la fermeture des archives roumaines.

Henri Bergson 1859-1941 prix Nobel de littérature a utilisé l’intuition pour essayer de s’extraire du pragmatisme exacerbé. Malgré Spinoza, qu’il compare dans « L’intuition philosophique » à un Dreadnought, navire cuirassé dernier cri de la marine anglaise aux multiples canons, … malgré Spinoza c’est une génération qui essaie de raccommoder l’esprit et la matière dissociées par la science.
Étant irréfléchie, d’apparence libre, l’intuition lui permet pour Bergson de sortir des systèmes philosophiques, ne se rendant pas compte que ses fulgurances intuitives sont liées à la somme de ses savoirs.
Dieu et l’âme pérenne en dehors de la vie restent des concepts présents dans la métaphysique de nos contemporains vivant ou non. On frôle encore le mysticisme rejeté.
En les lisant je m’aperçois que l’idéalisme est encore très présent, c’est à dire croyant en une morale, en un bien vivre ensemble, venant hors de l’humanité, elle même séparée du vivant. Alors que la solution est devant notre nez, dans la nature même. En observant la vie avec son altruisme et sa violence naturels, en différenciant progrès et aspirations à la liberté.

Ironie dans L'homme sans qualité de Robert Musil

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