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Cerner la philosophie ?
Mots, idées, concepts, personnalités repérés : altruisme, beau, humour, laïcité, mécréance, religion,

Les thèses sur la façon d’être philosophe dans sa vie me rasent et plombent mon esprit.
Je suis pragmatique, mécanicien. Je perçois les approches structurées sur la métaphysique comme dans L’Éthique de Spinoza, il y reste des croyances mais elles ne sont pas cloisonnantes à la manière de la métaphysique des religions instituées.
Malgré moi mes lectures ont peut-être un impact sur mon quotidien ?
C’est une autre manière de me policer qui rejoint parfois les recettes offertes par les magazines.

D’abord le champ d’exploration de la philosophie

Imaginons ... le Grec ancien cogitant en fin de journée

La philosophie n'est pas une garantie d’altruisme

Martyrologie et messianisme prolétariens


Les Grecs anciens m’ennuient avec leur beau et leur bien

Entrer par l'abstraction

Interprétations contradictoires de nos anciens et modernes

Son étymologie à partir de Pierre Hadot

Langues et séquences historiques

Deux courants de pensées

Dialectique

Les religions en général ou La mécréance

Le coté sombre de la philo

Alors pourquoi lire les philosophes

Voici des conseils dans vos échanges autour de la philosophie

Citations

Humour


D’abord le champ d’exploration de la philosophie
L’espèce humaine a un jour pris conscience d’être là. A quel moment ?
Ce qui est certain c’est qu’elle a compris qu’à côté du sensible, ce que l’on touche, voit, entend, sent, il y a l’intelligible, ce que l’on imagine et phantasme. Ce qui donne en grec « méta », à côté et «physique » le sensible.
Mais dans l’opinion générale, ce terme de métaphysique nous l’avons réduit aux spéculations sur des forces en dehors de notre univers, en les attachant à des rituels pour en appeler à ces forces, ce que l’on peut réduire à notre idée de religion.
Dans l’absolu la philosophie concerne toutes les sciences non dures et elle réfléchit sur l’impact des découvertes des sciences dures.
Les premiers chercheurs et enseignants modernes en philosophie ont défini les premières règles concernant l’approche de la sociologie, l’ethnologie, et ses concepts peuvent influencer notre approche du passé (l’histoire), du présent (la politique et l’économie). La philosophie est aussi imbriquée dans la psychologie et la spiritualité.
Pour Christian Godin dans "La philosophie pour les nuls" :
«La philosophie est peut-être tout autant fille du rêve que la fille de l'étonnement». Je rajoute mais il ne faut pas prendre ses rêves pour des réalités et des vérités.
De létonnement nait le doute comme pour Hermann Hesse dans Demian.
«Alors que la statue n'a qu'une seule masse, la philosophie a mille manières de la regarder : tandis que la science la mesure, la philosophie la regarde. La mesure dépend d'un instrument, le regard dépend du point de vue.»
Ce serait l'absence de travail, donc grâce aux esclaves, que certains Grecs ont spéculé sur la nature des choses. La philosophie serait «en même temps fille de l'esclavage et fille de la liberté ...» libérés de leurs soucis matériels.
Toute l’humanité a spéculé sur l’intelligible mais les premiers en Europe et au pourtour méditerranéen à en donner un vocabulaire écrit sont les Grecs.
Les égyptiens, il me semble, sont restés dans le domaine religieux.
Les Grecs ont utilisé l’écriture d’un peuple commerçant les phéniciens.
Ils ont voulu dépasser les coutumes et croyances attachées aux religions contemporaines.
Certains en ont intégré des concepts comme celui de l’âme et la métempsychose.
Par mes lectures, dont Christian Godin déjà cité, j'ai compris que la liberté pour eux était de ne pas travailler.
Ils ignoraient la charité.
Ne connaissaient pas le temps hors du temps, l'éternité n'était qu'un temps prolongé dans le passé et le future. L'infini pour ces Grecs était une notion négative.

Pour Ludwig Wittgenstein «Le but de la philosophie est la clarification logique de la pensée. La philosophie n'est pas une théorie mais une activité.» La philosophie dévoile des choses mais n'en donne pas la vérité. Elle n'est pas une doctrine mais une activité.

Imaginons ... le Grec ancien cogitant en fin de journée
Vous avez fini votre semaine de travail pas trop fatigué;
La saison ou l’état de votre intérieur ne nécessitant pas d’intervention sur le jardin et la maison.
Vous avez éventuellement rempli vos obligations parentales.
Vous avez répondu à vos diverses faims.
Alors vous allumez la télé.
Non ! La télé n’existe pas.
Vous êtes Grec au sens large, des côtes de la Turquie jusqu’à la Sicile. Le ventre plein mais pas trop, la libido réconfortée.
Vous êtes là, conscient d’être là ! Vous commencez à cogiter.
Mon labeur a-t-il un sens ? Ce monde a-t-il un sens ? Ce monde est-il vrai ou prendrais-je des vessies pour des lampes à huile ?
Ça y est vous philosophez.
Y étant bien dans votre bulle locale, vous voulez continuer à y être bien, et sans la bouleverser lui donner un sens.
Vous voulez être sage et être encore plus conscient sur votre présence.
Ça y est vous philosophez.
Zut un os !
Dans ce ronron vous allez disparaître de ce monde en l’emportant avec vous.
Pourquoi devrais-je le quitter et, tout compte fait, pourquoi j’y suis dans ce monde ?
Si je découvre que ce monde par des intuitions n’est pas tout à fait celui que je vois, quel est-il exactement ?
Intuitions qui me sortent des influences de mon entourage et des beaux parleurs,
Ce monde, quel est-il exactement ?
Vous voulez connaître ce vrai monde et ou celui qui serait à côté.
Patatrac vous entrez dans la métaphysique. A côté du physique, à côté du dur.
Là des auteurs de science fiction, les religieux, vous ont déjà imposé et vous imposent leur vision de cet autre monde et de votre place prochaine dans ce dernier suivant votre comportement dans celui présent.
Ont-il raison ? Fais-je bien dans ma pratique ? Je m’en flagelle le corps.
Ouf ! Maintenant nous avons la télé pour éviter cette torture.
A 70 ans j’ai fait le tour de ce miroir aux alouettes. Ce miroir posé sur un pied, bouge avec le vent attire l’alouette et pan ! le chasseur.
Nous avons un avantage sur ce Grec cité plus haut, nous avons ses écrits, contemporains de ce Grec et ceux actuels.
Nous pouvons comme Schopenhauer le propose pour sortir de l’ennuie, le corps contenté, étudier les maîtres et être charitable. Préférons la solidarité.

Vous concevez que malgré votre vue il y aurait un autre monde non visible, et de plus vous devez canaliser les croyances institutionnalisées par les clergés ou pas.
Votre monde est-il juste ? A-t-il une base solide ?
Il faut bien justifier votre situation devant les inégalités de position sociale.
Les justifications pour rendre confortables les inégalités s’appuient sur des a priori inventés, donc a posteriori, sur de l’inné contestable.
Vous sont proposées des formes, idées ou morale qui pourraient être autonomes du présent.
Vous devez construire une métaphysique où l’on retrouve ces constructions de l’esprit. Aidé de Platon, Plotin, les scolastiques du moyen-âge, de Kant et j’en passe, vous construisez une argumentation solide par sa rigueur argumentaire qui est réelle puisque c’est la seule. Seule possible puisque l’on n'en sait rien et qu’il faut se donner une bonne conscience pour votre place dans la hiérarchie sociale, quelque soit votre place.
Pauvre péquin au XVIIe siècle vous auriez accepté l’animalité décrétée pour des noirs si votre patron par ses trafics, vous paie par exemple vos travaux paysagés ou gastronomiques.

La philosophie n'est pas une garantie d’altruisme.
La philosophie ne nous dit rien sur la façon dont le monde doit être conduit. Elle arrive après.
La philosophie c’est l’amour de la sagesse. On peut être sage avec son corps et sa pensée, et être un vrai salaud. Ce n’est pas incompatible. La philosophie ne peut pas se définir par l’altruisme.
L’amitié pour le genre humain est la philanthropie. Ignare je mélangeais tout ça.
Si la philosophie n'est pas une doctrine les haineux, s'ils ne l'ont pas limitée ainsi, en ont appuyé leurs théories.

Les Grecs anciens m’ennuient avec leur beau et leur bien rattachés à des valeurs tombées du ciel.
Il n'y a que le bon et le mauvais pour soi pour et avec les autres. Merci Baruch.
C'est donc génétique, l'homme est porté par ses gènes aux interactions sociales. Une étude apporte la preuve que les interactions sociales sont des récompenses naturelles. L'altruisme l'est donc au même titre que la nourriture. Les pouvoirs nous font croire avec Hobbes que l'humain est fondamentalement mauvais (méchant) et que l'on doit pour le canaliser tout régenter à en faire disparaître la démocratie (directe est une redondance). https://www.franceculture.fr/...le-journal-des-sciences-du-lundi-13-decembre-2021
Chez les Grecs anciens la liberté est celle simplement de ne pas travailler, donc il est difficile de se mettre dans la peau de l'un de ces philosophes grecs ou romains héritiers de leur pensée.
Pour Simone Weil «Platon lui-même n'est qu'un précurseur, les Grecs connaissaient l'art, le sport mais non pas le travail.»
Différence pour les grecs de l’antiquité entre la « techné » et « la phusis»

Et nous devons remettre ces personnes dans leur contexte aux connaisances scientifiques pleines de croyances. Tout n'est pas à jeter mais prendre ce qui reste avec des pincettes. Bertrand Russel cite dans son livre "De la fumisterie intellectuelle" Platon pour lui « L’homme qui ne recherche pas la vérité se réincarnera en femme » et Aristote «... recommande de concevoir les enfants en hiver, quand le vent souffle du nord, et promet aux couples mariés trop jeunes qu’ils engendreront des filles. À l’en croire, le sang des femelles est plus sombre que celui des mâles ; le cochon est le seul animal susceptible d’attraper la rougeole ; les insomnies d’un éléphant se guérissent en lui appliquant un onguent de sel, d’huile d’olive et d’eau chaude, ... etc

Son étymologie à partir de "Qu'est-ce que la philosophie antique ?" de Pierre Hadot éditions folio-essais.
Philia aime. Elle aime la boisson c’est philoposia. Elle aime les honneurs c’est philotimia.
Le sens de Sophia évolue, sans différence entre savoir et sagesse, de l’inspiration des muses et le long apprentissage de la poésie, passant par l’habilité et avec la ruse éventuelle dans notre conduite avec l’autre, pour arriver à un basculement du savoir vers la notion de bien.
Les présocratiques y voit le désir de se connaître par les voyages vers d’autres hommes et d’autres mœurs.
Homère, lui, parle d'un charpentier qui s'y connaît en toute sophia dans son savoir faire, où l’apprentissage du métier et le concours d'un dieu aident dans l'exercice du maître ouvrier.
Sophia est alors aussi utilisé pour l'habileté dans le métier comme pour l’habileté dans les discours.
Pour les sophistes, des professeurs d’éloquence, sophia désigne un savoir-faire dans la culture en général dont la vie politique.
Socrate s'il a utilisé ce mot c'est dans le sens courant à l'époque pour désigner la culture générale.
Dans le banquet de Platon Socrate, progressivement confondu dans le texte avec Éros, est présenté comme le modèle du philosophe, mais c'est celui qui tient le coup pendant une grande beuverie ! Est-ce une métaphore ? Je n’en sais rien.
Dans ce dialogue il y a deux catégories d'être qui ne philosophent pas  : la première catégorie sont les dieux et les sages car ils sont sages et la deuxième sont les insensés car ils se croient sages. Ceux qui philosophent sont entre les deux comme Socrate qui se considère ignorant et ne demande qu'à apprendre.
Donc pour Pierre Hadot «...le philosophe n'atteindra jamais la sagesse, mais il peut progresser dans sa direction. La philosophie selon le Banquet, n'est pas la sagesse, mais un mode de vie et un discours déterminés par l'idée de sagesse.
Par le Banquet l'étymologie du mot philosophia «l'amour, le désir de la sagesse», devient le programme même de la philosophie.»
La philosophie prend une tonalité ironique et tragique. Car torturé le vrai philosophe sait qu'il ne saura jamais. Ni sage ni non-sage il n'a pas sa place parmi les insensés et les sages donc il ne trouve pas sa place parmi les hommes, mais paradoxalement il n'y a pas de différence entre le philosophe et les hommes (sous entendu homme grec)
Le philosophe est un intermédiaire et de fait un médiateur avec le monde de la sagesse.
J’ai compris aussi par cette lecture de Pierre Hadot que le côté magique de l’apparition des idées interroge les contemporains.
Pour Hadot par le dialogue de Platon le Parménide (mort au milieu du Ve siècle) Idée et Forme sont proches.
Pour discuter il faut une Idée ou Forme définie par catégorie d'objet.
Le savoir platonicien comme le savoir socratique est avant tout un savoir des valeurs : ce qui est beau, ce qui est juste, ce qui est bien.
Donc je comprends un basculement du savoir par la sagesse vers la notion de bien.
Tout au long de la philosophie antique nous allons retrouver deux pôles de l'activité philosophique : le choix et la pratique d'un mode de vie, ainsi qu'un discours philosophique partie intégrante de ce mode de vie et les théories impliquées dans ce mode de vie.

Par Paolo Cristofolini Spinoza sépare la liberté exposée dans l'étude des passions et la sagesse qui se dessine par la recherche de la connaissance, mais elles se rejoignent par cette dernière en sortant de l'ignorance et des superstitions.
Début de la préface de la cinquième partie «Je passe enfin à cette autre partie de l’Éthique où il s’agit de la façon, autrement dit de la voie qui conduit à la Liberté. J’y traiterai donc de la puissance de la Raison, montrant ce que peut la Raison elle-même sur les sentiments, et ensuite ce qu’est la Liberté de l’Esprit, autrement dit la Béatitude. Et par là nous verrons combien le sage est plus puissant que l’ignorant.»
La sagesse s'acquière pour Spinoza par la connaissance, c'est donc un retour aux sources.

Langues et séquences historiques
Ici juives mais analyse qui peut être étendues à l’ensemble des sources de la pensée d’Europe anglo-germano-latin.
Gérard Bensussan - "Qu'est-ce la philosophie juive ?
Page14« La position de la philosophie juive est effectivement ordonnée par le passage de l'hébreu au grec et par un certain retour du grec dans l'hébreu. Il ne s'agit pas ici simplement de langues particulières, mais de véritables continents d'écritures désignant et surdéterminant à l'occasion plusieurs langues. L'hébreu pourra se dire en araméen, en yiddish, le grec en un archipel de concepts déclinés de multiples façons langagières, l'arabe, l'allemand. J'ai ailleurs tenté de décrire cette configuration en recourant au réseau de déterminations proposé par la géophilosophie de Deleuze et Guattari. On peut en effet considérer que « l'hébreu » articule une pensée par figures, c'est à-dire des éléments transcendants, extérieurs, projetés sur l'unité cohésive interne, immanente, de la philosophie. « Le grec » pense en revanche par concepts, c'est-à-dire en associant aux connexions déjà établies par la longue histoire de la philosophie des créations horizontales, des extensions inédites. La philosophie juive pousse les figures de la pensée juive jusqu'au concept, c'est sa vocation et son office. »
15 En philosophie (juive suivant Emmanuel Levinas) «énoncer en grec des principes que la Grèce ignorait ».
17 «… distinguer très globalement une séquence grecque de la philosophie juive (Alexandrie), une séquence arabo-médiévale (Cordoue) et une séquence allemande-moderne (Europe). »
18 «Les trois grands segments grec, arabe et allemand forment trois blocs-témoins longtemps frappés de splendides isolement. »
Dans des écrits destinés à ses pairs et non au commun des mortels les auteurs utilisent des mots grecs, latins et allemands. Ainsi ils montrent leur savoir. Mais un mot allemand, par exemple, utilisé pour être précis dans sa pensée est-il le mieux adapté au champ sémantique du natif allemand ? Si nous ne sommes pas nés dans ce pays nous aurons beau faire nous ne collerons pas à la culture du pays, encore plus pour le latin ou le grec ancien où nous ne pouvons pas échangés avec des autochtones.


Deux courants de pensées
Je croyais que les philosophes se séparaient en deux grands groupes les matérialistes et les idéalistes.
Les matérialistes, pas les consommateurs sans fin ni les idéalistes fans de la perfection, mais ceux qui doutent de la chronologie de la création.
L’intelligence est-elle une autre organisation de la matière, ou alors la genèse de la matière est-elle l’action de l’esprit de Dieu ?
En gardant en tête ces définitions philosophiques de matérialisme et idéalisme j’ai lu que pour Simone Weil, que nous pouvons par ses croyances classer dans l’idéalisme, pense de Marx et ses théories, classé dans les matérialistes, qu’il ne va pas assez loin dans son matérialisme et qu’elle le réduit à un idéaliste.
Pour conclure sur ce sujet, l’idéaliste peut rouler en berline de luxe et le matérialiste peut défendre la décroissance.

Non mes deux courants principaux est de savoir si l’organisation hiérarchique de la société est une fatalité ou est-elle une entourloupe d’un groupe arnaqueur ?
Luther était à ranger dans ce dernier car comme il soutenait ce groupe, en réponse aux revendications des paysans allemands, « dans la bible aussi il y a des riches et des pauvres » et pour répondre à leur exactions violentes il rappelait que Jésus après une claque sur la joue gauche tend la joue droite.
Il pouvait s'appuyer sur saint Augustin. Pris entre sa volonté d'une vie monastique et celle de l'amour de la chair et des corps, il a considéré que ceci venait d'Adam qui n'a pas su choisir la bonne voie. L'homme étant fait ainsi, manquant de volonté il lui faut un maître et justifie l'organisation pyramidal de la société.
Pour David Greaber et David Wengrow dans "Au commencement était ..." Hobbes avec son sauvage guerrier et Rousseau avec son bon sauvage sont deux visions de l'histoire qui ont limité notre imagination.
L'humain était-il naturellement bon ou mauvais ? La question n'a pas de sens. Bien et mal sont des concepts forgés de toute pièce. S'inquiète-on si un arbre fait le bien ou le mal ?
Réduisant notre vision à ces deux faces de l'humanité, cruelle ou angéliquement niais, nous devions accepter l'existence de l'État qui policerait notre immaturité.
En gros par mes lectures je vois les deux courants philosophiques, une structure verticale ou horizontale, avec des moments « charnière ».

Ne connaissant pas les causes qui nous font agir certains recherchent dans l’inconnu, par la métaphysique, des règles de conduites autonomes, données par une force transcendante, une morale stabilisant une structure pyramidale de la société.
Les personnalités clés de ce premier courant sont Platon et Kant.
Et un autre courant qui sans nier une part d’inconnu cherche une règle de conduite par une raison pure sans intervention de l’au-delà, une éthique, Aristote et Spinoza en sont les personnes clés.
Aristote je ne le connais pas mais un prof a déconseillé Schopenhauer de commencer la philo par Spinoza et Aristote, donc comme j’ai de l’accointance pour l’un, l’autre en bénéficie.
C’est ce courant de pensée, sortir d’un fatalisme transcendant, qui aurait influencé Diderot et compagnie pour des Lumières radicales opposées aux Lumières portées par Voltaire qui veut partager le pouvoir mais pas le remettre fondamentalement en question.

En passant une remarque sur les religions en général.
La religion ne sert à rien et n’a jamais servi qu’à justifier des massacres, et juste à inspirer les peintres et autres artistes.
Les croyants se revendiquant comme tel nous devons vivre ensemble nous respectant et échangeant, donc faisons vivre la laïcité.

Le côté sombre de la philosophie
On vient de découvrir des propos antisémites du philosophe Alain.
Il n’a pas dit ces sornettes devant Weil et Aron.
C’est vrai que la Shoah n’était pas encore passée par là.
Maintenant il ferait attention, en admettant qu’ils ne connaissaient pas les pogroms, ceux permis pas le tsar.
Était-il jaloux de la tournure d’esprit très vive de ceux qui sont passés par le Talmud, l’étude de la Torah (l’ancien testament) ?
Mais d'autres avec les connaissances de cette même époque ont été plus discrets et pour certains plus courageux comme par exemple Paul Valéry qui sous l’occupation prononce en sa qualité de secrétaire de l’Académie française l'éloge funèbre de Henry Bergson de confession juive. Ce qui lui vaut de perdre ce poste, comme celui d’administrateur du Centre universitaire de Nice.

Certains concepts par eux-même ont aussi leur côté sombre.
Comme par exemple le libre arbitre n’a qu’un lointain rapport avec la liberté.
Ou pire faire perdre la positivité à des valeurs bien installées. Rendre la raison non raisonnable, écrasant la liberté. Pour Wikipédia  la raison repose sur la capacité que nous aurions de faire des choix par notre intelligence. Cette faculté a plusieurs emplois : connaissance, éthique et technique.
Éthique donc une image positive. Mais en lisant Vie et destin de Vassili Grossman, qui se passe au moment de la bataille de Stalingrad de par et d’autre du front, on arrive au contraire ; page 1141 : «Le système des camps, malgré tous ses défauts, présentait un avantage de premier ordre : les camps étaient le seul endroit où le principe supérieur de la Raison s'opposait exactement au principe de la liberté individuelle. Ce principe de Raison permettrait aux camps d'atteindre un niveau suffisant pour disparaître, se fondre totalement avec la vie des campagnes et des villes.»
Ici un camp russe mais était-ce différent pour un camp d'extermination allemand ?
 
J’y lis aussi que l’on s'emparait de l'âme dans les locaux de la police politique !
«Ceux qui s'obstinaient à revendiquer le droit d'être des hommes étaient, peu à peu, ébranlés et détruits, brisés, cassés, grignotés et mis en pièces, jusqu'au moment où ils atteignaient un tel degré de friabilité, de mollesse, d'élasticité et de faiblesse, qu'ils ne pensaient plus à la justice, à la liberté, ni même à la paix, et ne désiraient qu'être débarrassés au plus vite de cette vie qu'ils haïssaient.
Les juges d'instruction réussissaient dans leur travail car ils savaient qu'il fallait considérer comme un tout l'homme physique et spirituel. L'âme et le corps sont des vases communicants et en écrasant la résistance physique de l'homme, l'assaillant réussissait presque toujours à investir la brèche, il s'emparait de l'âme de l'individu et l'obligeait à une capitulation sans condition.»
Cette citation nous rend palpable l’âme nous permettant de faire nôtre cette notion dont les croyants se sont appropriée, et je rajoute, comme il y a peu de différence entre esprit et spiritualité.

Par la philo on peut faire disparaître l'individu pour ne laisser apparaître qu'un étant-là particule d'un peuple ou pire d'une race.
J'apprends par Christain Godin dans "La philosophie pour les nuls" que la conscience du sujet n'a pas de prise sur la structure, réalité objective et contraignante pour les structuralistes. «Ainsi comprend-on que, philosophiquement parlant, le structuralisme soit allé de pair avec un anti-humanisme résolu.» Ferdinand Saussure est considéré comme l'initiateur du structuralisme. Une structure est une charpente dont les éléments sont dépendants les uns des autres.
Avec le "dasein" Heidegger (existence en allemand) il n'y a plus d'individu et pas d'humanité. Il reste le peuple et la race. Il n'y a pas de commune mesure entre le nazisme d'une brutale pauvreté et la pensée de Heidegger mais connivences et rencontres. Ceci démontre l'incroyable faiblesse de la philosophie, qui comme l'intelligence n'évite pas d'être un méprisable salaud.

Alors pourquoi lire les philosophes ?
Avec toutes ce scepticisme pourquoi devrais-je continuer à lire les dits philosophes ?
Peut-être pour voir au-delà des apparences ?
Chercher la ou les causes, hors des apparences, de nos tracasseries sociales et écologiques ?
La philosophie c’est l’art de chercher sans perspective économique.
Pour la lecture de nos philosophes il faut du temps ou tout au moins en avoir de l’appétence.
Du temps ou de l’énergie, pas facile quand la tête et le corps sont pris par le quotidien.
Je rejoins là Arthur Schopenhauer pour qui quand vous avez répondu aux besoins essentiels du corps vous tombez dans l’ennui, et pour en sortir il vous reste à lire les maîtres et exprimer votre solidarité envers l’autre, qu’il réduit à la charité.

Si la philosophie est faite de questions elle permet aussi de démonter les affirmations de philosophes, théologiens et autres. La connaisance des concepts nous protège des dogmes et de leurs propagandistes.
La philosophie nous permet de sortir de l'antropomorphisme attachée au "Dieu", d'organiser notre approche des connaissances, de sortir de la superstition d'une âme pérenne porteuse de nos agissements, de sortir des notions de beau et de bien de la pensée grecque moralisatrice et conciliante avec une organisation sociale intéressée, de donner une proposition de l'organisation de la métaphysique qui soit ouverte et non fossilisante, de quitter l'idée de textes révélés et d'une morale a priori à la Kant ...


Voici des conseils dans vos échanges autour de la philosophie :
Ne jamais dire que l’on sait.
Ne jamais faire le fanfaron, le singe savant.
Si ceci vous l’est indiqué, dire que vous êtes juste un ignare, pour ne pas dire un imbécile, qui prend du plaisir à lire nos illustres.
Quand vous percevez le sens d’un passage, en prendre du plaisir et éventuellement le partager.
Vous avez un fond confus, la doxa, donné par la famille, l’école, les médias. Vous le disloquez, le tirez à hue et à dia.
Vous avez ainsi un nouveau fond sur lequel vous recommencez à le déstructurer.
Les gens sûrs d'eux même se protègent dans les certitudes. Vous les laissez et continuez votre labeur de sapes.
Ces certitudes nous ont entraînées vers le gouffre.
Sortez de l’opinion, le "gros animal" de Platon.
Acceptez certaines croyances tant que celles-ci ne vous mènent pas dans une impasse.
Mais attention au miroir aux alouettes.
Les chasseurs parlent en paraboles et vous font prendre pour de la science des suppositions établies sur l’inconnu par des convaincus convaincant.
Il suffit de l’écrire avec conviction et talent pour répondre à la peur du vide, ainsi vous pourrez vendre du papier.

Citations
«La pensée jette ses filets, pour nous ramener des poissons brillants en pleine lumière.»
Propos d’Hannah Arendt (cité par Laure Adler dans Dans les pas d Hannah Arendt)
 
«La philosophie se nourrit de qui n’est pas elle.» Georges Canguilhem philosophe et résistant.
 
Albert Camus :
- Dans La chute «On appelle vérités premières celles qu’on découvre après toutes les autres ...» et en partant du principe que cette vérité première n’est pas la dernière, on n’est pas sortie de l’impasse.
- Dans L'Homme révolté page15 du Folio-essais «... c'est la philosophie qui peut servir à tout, même à changer des meurtriers en juges.»

«Les philosophes sont des violents qui, faute d’armée à leur disposition, se soumettent le monde en l’enfermant dans un système. » - (Robert Musil - L’Homme sans qualités).
Pour Christian Godin dans "La philosophie pour les nuls" « Un système est un ensemble d'idées ou de faits qui sont eux en relation d'interdépendance. Le système philosophique obéit à trois exigences fondamentales : la non-contradiction des idées, l'unité de la pensée et le désir d'embrasser par l'intelligence la totalité du réel.»

Humour
«Comment faire la différence entre la philosophie, la métaphysique, la religion ?
La philosophie, c'est chercher un chat noir dans une pièce noire.
La métaphysique, c'est chercher dans une pièce noire un chat noir qui n'est pas là.
La religion, c'est chercher dans une pièce noire un chat noir qui n'est pas là, et hurler qu'on l'a trouvé.»

«- Au secours mon mari fait un malaise. Vite un docteur.
De l’autre côté de la chaussée.
- Je suis docteur.
- Vite c’est un arrêt cardiaque.
- Je suis docteur en philosophie.
- Aidez moi il va mourir.
- Nous allons tous mourir.»

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